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Octobre 2026
Les marchés boursiers mondiaux sont demeurés résilients au troisième trimestre de 2026, soutenus par de solides résultats d’entreprises et une conjoncture économique relativement stable. Les tensions géopolitiques persistantes, la hausse des prix de l’énergie et l’incertitude renouvelée entourant les échanges commerciaux ont continué d’influencer le sentiment des investisseurs. Les marchés obligataires mondiaux ont connu un contexte plus difficile, les pressions inflationnistes élevées, la hausse des taux directeurs et l’augmentation des emprunts publics ayant fait grimper les rendements. Au 30 septembre, depuis le début de l’année et en dollars canadiens, l’indice S&P 500 affichait un rendement de 16,8 % comparativement à 13,0 % pour l’indice S&P/TSX, 17,1 % pour l’indice MSCI ACWI, 14,3 % pour l’indice MSCI EAFE et 27,8 % pour l’indice MSCI Marchés émergents.
Pour la suite, nous nous attendons à ce que la résilience de l’économie se maintienne, bien que les taux de croissance varient d’une région à l’autre. Comme nous l’avons souligné dans nos plus récentes Perspectives économiques et des marchés financiers pour le quatrième trimestre, notre scénario de base prévoit une progression du PIB réel mondial de 3,3 % en 2027, contre 3,0 % en 2026. Les dépenses de consommation et l’investissement des entreprises, qui demeurent solides, devraient continuer de soutenir l’activité aux États-Unis, tandis que le resserrement de la politique monétaire et la conjoncture intérieure difficile devraient peser sur la zone euro. Dans ce contexte, nous continuons de mettre l’accent sur la discipline à l’égard des prix, la sélection rigoureuse des titres et la diversification de nos portefeuilles d’actions et de titres à revenu fixe.
Le commerce entre le Canada et les États-Unis demeure un sujet de premier plan, alors que les récentes annonces tarifaires et l’incertitude entourant l’avenir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ont suscité une réflexion sur l’avenir de la relation et sur les possibilités qui s’offrent au Canada sur d’autres marchés. Dans la présente lettre, nous proposons un éclairage sur l’évolution de cette relation, sur les occasions qui existent ailleurs et sur les facteurs qui, selon nous, soutiennent la position économique du Canada à plus long terme.
Le volume des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis reflète plusieurs décennies d’intégration économique, appuyée par la géographie, les infrastructures communes, les chaînes d’approvisionnement interconnectées et d’importants investissements transfrontaliers. Ces éléments se sont développés parce qu’ils profitent aux entreprises et aux consommateurs des deux côtés de la frontière. L’énergie en est une bonne illustration. Les États-Unis enregistrent un déficit commercial de biens avec le Canada qui est attribuable en grande partie à l’énergie. En effet, les raffineurs américains importent du pétrole brut canadien, le transforment en produits à plus forte valeur ajoutée et vendent ces produits sur les marchés intérieur et internationaux, dégageant une marge sur ces activités. Lorsque la relation est envisagée sous cet angle, les avantages paraissent répartis plus également entre les deux pays que le solde commercial brut ne pourrait le laisser croire.
Le Canada a la possibilité de développer ses échanges avec l’Europe et l’Asie, et ces deux régions ont exprimé leur intérêt à renforcer leurs relations avec le Canada. Parallèlement, les infrastructures et les relations commerciales nécessaires pour desservir des marchés plus éloignés et à grande échelle, notamment les pipelines, les ports, les corridors ferroviaires et les réseaux de distribution, prennent généralement de nombreuses années à se mettre en place, alors que les liens existants du Canada avec les États-Unis sont bien établis. Comme nous l’avons mentionné le mois dernier, environ 80 % des exportations canadiennes entrent aux États-Unis en franchise de droits en vertu de l’ACEUM, alors que les plus récentes mesures tarifaires touchent environ 5 % d’entre elles. Ces facteurs laissent croire que la diversification des échanges sera un processus graduel, dans lequel le commerce avec les pays hors Amérique du Nord se développera parallèlement à la relation bien établie entre le Canada et les États-Unis.
Le Canada dispose aussi de plusieurs facteurs qui pourraient soutenir cette diversification. Premièrement, les gouvernements canadiens disposent d’une marge de manœuvre budgétaire qui pourrait être consacrée à des investissements en infrastructures, notamment le transport de l’énergie, la capacité portuaire et les corridors commerciaux. L’ampleur et le calendrier de ces investissements dépendront des décisions stratégiques futures et de la conjoncture économique.
Deuxièmement, au cours de la dernière décennie, une part importante de l’épargne canadienne, y compris celle gérée par les caisses de retraite, a été investie à l’extérieur du pays, ce qui reflète une tendance plus large vers la diversification mondiale. Si l’allocation aux actifs canadiens devait augmenter au cours des prochaines années, cela pourrait offrir un soutien supplémentaire aux sociétés et aux projets canadiens, bien que l’ampleur et le moment d’un tel changement demeurent incertains.
Le commerce avec les États-Unis demeure un élément important de l’économie canadienne, tandis que les relations avec l’Europe et l’Asie offrent des possibilités de diversification accrue. L’importance relative de ces marchés dépendra de la politique commerciale future, des investissements dans les infrastructures et de l’évolution de la conjoncture commerciale. Notre approche demeure axée sur la détention d’entreprises de grande qualité dont les bénéfices sont durables, à des prix raisonnables, peu importe où elles exercent leurs activités, et sur le maintien d’une perspective à long terme à mesure que ces événements se dessinent.
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