Veuillez sélectionner votre région et votre langue pour continuer :
Please select your region and language to continue:
We use cookies
Respecting your privacy is important to us. We use cookies to personalize our content and your digital experience. Their use is also useful to us for statistical and marketing purposes. Some cookies are collected with your consent. If you would like to know more about cookies, how to prevent their installation and change your browser settings, click here.
Août 2026
Au 31 juillet 2026, le S&P 500 affichait un rendement de 12,7 %, le S&P/TSX de 12,5 %, le MSCI ACWI de 13,9 %, le MSCI EAFE de 14,2 % et le MSCI Marchés émergents de 22,9 % depuis le début de l’année, en dollars canadiens.
Cette progression s’est accompagnée d’une solide croissance de la rentabilité des entreprises, les bénéfices mondiaux étant en voie d’augmenter d’environ 18 % cette année selon les estimations consensuelles. Toutefois, les valorisations nous semblent de plus en plus élevées, particulièrement dans les segments liés aux importants investissements en immobilisations associés à l’intelligence artificielle (IA). Nous y voyons un signe d’optimisme grandissant dans certaines parties du marché, où les valorisations laissent peu de marge à la déception.
Dans ce contexte, il nous apparaît pertinent de revenir sur la façon dont nous gérons le risque au sein du portefeuille. Notre approche ne repose pas sur la prévision du moment où surviendra une correction des marchés, mais plutôt sur la discipline que nous appliquons à la sélection de nos placements, au prix que nous sommes prêts à payer et à la construction du portefeuille. En pratique, cette discipline nous a récemment amenés à réaliser des bénéfices sur certaines positions, notamment dans les secteurs bancaire, minier et industriel. Nos portefeuilles détiennent actuellement un niveau de liquidités légèrement supérieur à la normale, en attendant des occasions d’investissement plus attrayantes.
Le premier pilier de notre approche de gestion du risque repose sur une compréhension approfondie des entreprises dans lesquelles nous investissons. Notre processus d’investissement privilégie une approche ascendante (« bottom-up »), où nos équipes sectorielles réalisent une analyse détaillée de chacune des sociétés détenues en portefeuille. Nous évaluons notamment la dynamique de leur secteur d’activité, leur position concurrentielle, leur compétitivité en matière de coûts, leurs perspectives de croissance, la qualité de leur équipe de direction et de leur gouvernance, leur structure financière, leurs pratiques environnementales et de gestion de la main-d’œuvre, ainsi que d’autres caractéristiques importantes.
Cette distinction est particulièrement importante dans le contexte actuel, où un environnement d’affaires favorable et un sentiment de marché positif peuvent masquer des écarts significatifs de qualité entre les entreprises. Alors que certaines sociétés génèrent une croissance durable de leurs bénéfices, d’autres sont valorisées en fonction de l’hypothèse que leur forte croissance se poursuivra indéfiniment et que leur rentabilité augmentera considérablement par rapport aux niveaux actuels. En mettant l’accent sur les fondamentaux des entreprises, nous cherchons à éviter de nous laisser entraîner par l’enthousiasme du marché envers des sociétés dont les perspectives de croissance demeurent incertaines.
Le maintien d’une discipline rigoureuse en matière de valorisation est un élément central de notre gestion du risque. Payer le juste prix pour une entreprise est essentiel à notre philosophie d’investissement. Nous comparons le cours de l’action à notre propre estimation de la valeur intrinsèque de l’entreprise à long terme, fondée sur sa capacité bénéficiaire, ses flux de trésorerie et ses perspectives de croissance, plutôt que de réagir aux fluctuations à court terme des marchés. Cette discipline nous amène naturellement à éviter les sociétés dont les titres se négocient bien au-dessus de leur juste valeur, tout en privilégiant les occasions où le prix payé est davantage soutenu par les fondamentaux à long terme.
Dans cette optique, nous avons réduit ce trimestre nos positions dans plusieurs des six grandes banques canadiennes, notamment la Banque Scotia, la Banque TD et la Banque Royale du Canada (RBC), à la suite d’une période de solides rendements et de valorisations supérieures à leurs moyennes historiques à long terme. Les banques ont enregistré une forte croissance de leur bénéfice par action (BPA), soutenue en partie par la vigueur continue de leurs activités de gestion de patrimoine, où la hausse des marchés boursiers a favorisé une augmentation des actifs sous gestion et des revenus tirés des honoraires. À mesure que le cours de leurs actions s’est rapproché de notre estimation de leur valeur intrinsèque, nous avons profité de l’occasion pour réduire la taille de ces positions dans nos portefeuilles. Parallèlement, nous demeurons prêts à réinvestir ce capital dans des occasions présentant un profil risque-rendement et des valorisations plus attrayants.
Le troisième pilier de notre approche de gestion du risque est la diversification. Celle-ci découle naturellement de la construction d’un portefeuille composé, une entreprise de grande qualité et attrayante sur le plan de la valorisation à la fois, plutôt que d’une structure visant à reproduire une cible ou un indice de référence particulier. Nos placements sont généralement bien répartis dans l’ensemble de l’économie, ce qui réduit notre dépendance à l’égard de la performance d’un seul secteur.
À l’heure actuelle, les principales expositions sectorielles de notre stratégie mondiale en actions sont les services financiers (15,5 %), les soins de santé (10,6 %) et les services de communication (10,8 %). Cette diversification s’étend également à la répartition géographique. L’indice MSCI ACWI est investi à environ 63 % aux États-Unis, tandis que l’exposition de notre stratégie à ce marché est sensiblement inférieure, soit environ 44 %. Cette différence reflète notre approche ascendante axée sur la recherche d’entreprises de grande qualité, plutôt que sur la composition régionale d’un indice de référence.
Cette discipline se reflète également dans les valorisations. Letko Brosseau Fonds d’actions mondiales tous pays se négocie à un ratio cours/bénéfice prévisionnel de 14,5 fois, comparativement à 17,1 fois pour le MSCI ACWI, ce qui démontre que notre diversification ne s’est pas faite au prix de valorisations excessives. Nous croyons que cette diversification procure une certaine résilience, particulièrement durant les périodes où les portefeuilles plus concentrés sont susceptibles de subir des reculs plus marqués.
Notre priorité demeure la gestion du risque au moyen d’une compréhension approfondie des entreprises que nous détenons, du respect d’une discipline en matière de valorisation et du maintien d’un portefeuille diversifié entre les secteurs d’activité et les régions du monde, plutôt que concentré dans les thèmes les plus populaires du marché. Pour nous, le risque correspond à une perte permanente de capital, et non à la volatilité des marchés à court terme. La préservation du capital demeure donc au cœur de notre philosophie d’investissement.
Bien que la vigueur récente des marchés soit soutenue par une réelle croissance des bénéfices, une part importante de cette progression reflète également une amélioration du sentiment des investisseurs et des attentes élevées, ce qui laisse moins de marge d’erreur si les conditions de marché devaient se détériorer. Notre portefeuille continue de se négocier à escompte par rapport au marché dans son ensemble, et nous estimons que cette discipline de valorisation offre une certaine protection contre la volatilité des marchés.
Notre positionnement reflète un équilibre entre discipline et patience : nous avons réduit certaines positions lorsque les valorisations se sont éloignées des fondamentaux, tout en conservant un niveau de liquidités nous permettant de saisir rapidement les occasions d’investir dans des entreprises qui continuent d’offrir une combinaison attrayante de qualité et de valeur.
Abonnez-vous au bulletin et aux autres publications de Letko Brosseau :