Intégration ESG

L’investissement ESG (également appelé « investissement responsable » ou « investissement durable ») intègre des facteurs non financiers – c’est-à-dire environnementaux (E), sociaux (S) et liés à la gouvernance (G) – à l’analyse financière afin de déterminer les risques et occasions liés à une société.

  • Les états financiers d’une société ne donnent pas nécessairement une image complète des risques auxquels celle-ci est confrontée.
  • Les risques ESG auxquels est exposée une société – tels que la violation répétée des règles de sécurité, la consommation d’eau dans une région pauvre en ressources hydriques ou les émissions de carbone – peuvent affecter directement son résultat net (et le cours de ses actions).
  • Les investisseurs potentiels doivent bien évaluer ces risques ainsi que leurs répercussions éventuelles sur la société.
  • Il existe deux approches distinctes en matière d’investissement ESG : le « filtrage négatif » (soit l’élimination des entreprises présentes dans les secteurs jugés incompatibles avec les objectifs ESG, par exemple l’armement, le tabac, les jeux de hasard et l’énergie nucléaire) et l’engagement actionnarial (qui consiste pour les investisseurs à promouvoir le changement en nouant un dialogue avec les entreprises).
  • Letko, Brosseau & Associés (LBA) – un des plus de 2 500 gestionnaires de placements, propriétaires d’actifs et fournisseurs de services ayant signé les Principes pour l’investissement responsable (PRI) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) – est convaincue qu’il faut recourir simultanément aux deux approches. Nous évitons d’investir dans certains secteurs indésirables et entretenons un dialogue actif avec les entreprises au sujet des enjeux ESG, ce qui peut avoir des effets positifs sur l’environnement et la société.

Il est imprudent de négliger les facteurs tels que les changements climatiques, la protection des droits de la personne et le respect de l’éthique dans la prise des décisions de placement. Les portefeuilles ayant des scores ESG élevés surclassent souvent les portefeuilles ayant de moins bons scores, preuve qu’il est possible de prospérer de façon responsable.

LBA peut vous aider à prendre les décisions de placement les plus éclairées possibles; vous profiterez ainsi de rendements durables à long terme tout en générant un impact positif sur la société.

Qu’est-ce que l’investissement ESG?

Le terme investissement ESG désigne une approche de placement qui intègre des facteurs non financiers – c’est-à-dire environnementaux (E), sociaux (S) et liés à la gouvernance (G) – à l’analyse financière afin de déterminer les principaux risques et occasions liés à une société. Les termes investissement responsable et investissement durable sont souvent employés comme synonymes d’investissement ESG.

Il existe plusieurs autres approches de placement qui tiennent compte des facteurs ESG, mais qui diffèrent de l’investissement ESG tel que défini ci-dessus :

  • L’investissement socialement responsable (ISR) est une approche fondée sur des valeurs qui intègre les considérations éthiques et morales au processus de placement, souvent au moyen d’un filtrage négatif (par exemple en excluant les entreprises liées au tabac, à l’alcool ou à l’énergie nucléaire). Les origines de l’ISR remontent au XVIIIesiècle, époque où certaines congrégations religieuses interdisaient l’investissement dans les fabricants de produits de l’alcool et du tabac.
  • L’investissement à impact social est une approche qui cherche à générer des impacts sociaux ou environnementaux significatifs en plus d’un rendement financier, par exemple dans les secteurs de l’agriculture durable et de l’énergie renouvelable.
  • L’investissement ESG thématique est une approche descendante consistant principalement à repérer les secteurs et sociétés – par exemple la gestion de l’eau – susceptibles de bénéficier des facteurs ESG. L’investissement vert est un type d’investissement thématique.

Avant d’investir dans une société, comme tout investisseur, nous étudions habituellement ses états financiers, calculons plusieurs indicateurs financiers et analysons les principaux risques et occasions. Les états financiers peuvent faire ressortir de nombreux risques (par exemple un endettement excessif) et occasions (par exemple le lancement d’une nouvelle gamme de produits), mais ils ne disent pas tout. Par exemple, les émissions de carbone ou le dossier de sécurité du personnel d’une entreprise peuvent ne pas figurer dans les rapports financiers et, lorsqu’ils sont divulgués, ils le sont rarement d’une façon qui permet les comparaisons d’une entreprise à l’autre.

Des efforts sont faits en vue de remédier à cette absence d’information standardisée. Le Sustainability Accounting Standards Board (SASB), un organisme de normalisation indépendant, a publié des normes propres au secteur pour aider les entreprises à cerner les principaux enjeux de durabilité et déterminer la façon de faire rapport sur ces enjeux de manière pertinente et uniforme. Par exemple, les sociétés pour lesquelles les émissions de gaz à effet de serre représentent un risque important sont invitées à présenter leurs émissions en « tonnes métriques d’équivalent dioxyde de carbone ». Même si nous n’en sommes qu’au tout début, nous espérons voir de plus en plus d’entreprises publier de l’information conforme aux normes du SASB. Les comparaisons d’une entreprise à l’autre deviendront alors plus pertinentes et permettront de prendre de meilleures décisions de placement.

Importance des facteurs ESG

L’évaluation des risques a toujours fait partie intégrante du rôle de l’investisseur. Celui-ci peut par exemple calculer le levier financier d’une société (d’après son ratio dette/BAIIA) et, toutes choses égales par ailleurs, exigera probablement une prime de risque pour investir dans une société qui affiche un levier plus élevé. Un investisseur ne peut pas non plus négliger les risques non financiers comme la violation répétée des règles de sécurité ou la consommation d’eau dans une région pauvre en ressources hydriques. Ces risques peuvent, au bout du compte, avoir des répercussions financières importantes sur une société.

Voici deux exemples dans lesquels des facteurs non financiers – qui échappent donc à l’analyse financière – ont entraîné de lourdes pertes pour les investisseurs :

  • En 2017, Equifax, un fournisseur de services de surveillance du crédit et de prévention des fraudes, a annoncé une fuite de données ayant entraîné la divulgation des renseignements personnels de plus de 145 millions de personnes. Dans la semaine qui a suivi l’annonce, la valeur marchande des actions d’Equifax a fondu de plus de 30 %. Une année auparavant, une agence de notation ESG avait dégradé la note d’Equifax au rang le plus bas de son échelle en raison de l’insuffisance des mesures de sécurité de la société.
  • Un autre exemple de signal d’alerte non financier est lié à l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon de BP dans le golfe du Mexique en 2010, qui a entraîné la mort de 11 membres du personnel ainsi qu’une des plus graves marées noires de l’histoire. Avant même cet incident, BP était à la traîne de ses homologues en matière de sécurité. Au cours des trois années précédant la catastrophe, les autorités de réglementation avaient sanctionné la pétrolière plus de 750 fois en raison de « violations criantes et intentionnelles » des règles de sécurité, soit beaucoup plus que ses homologues les plus importants. Au cours des mois qui ont suivi l’explosion, l’action BP s’est effondrée de plus de 50 %.

Ces événements n’étaient pas inévitables, mais la prise en considération des risques non financiers liés à chacun aurait pu inciter un investisseur à prendre une décision de placement différente de celle qu’il aurait prise sur la foi de la seule analyse financière.

Sans développer ces points ici, nous pouvons citer plusieurs raisons pour lesquelles les facteurs ESG sont importants :

  • Les actifs incorporels (peu transparents) comme l’image de marque, le fonds commercial et la propriété intellectuelle représentent une proportion croissante des actifs des sociétés; il est donc nécessaire de tenir compte des facteurs ESG pour déterminer la valeur de ces actifs.
  • Les investisseurs accordent de plus en plus d’importance aux changements climatiques et à la transition vers une économie plus sobre en carbone. L’information financière rend rarement compte de la façon dont une entreprise relève ces défis, et l’analyse financière ne permet pas à elle seule de l’évaluer.
  • L’information financière publiée par une société ne permet pas toujours d’évaluer facilement l’efficacité de son conseil d’administration.

ESG – Filtrage négatif ou engagement actionnarial?

Il existe différentes approches pour mettre en œuvre l’investissement ESG. L’une d’elles, appelée « filtrage négatif », consiste pour un investisseur à éliminer toutes les entreprises présentes dans les secteurs qu’il juge incompatibles avec les objectifs ESG. Les secteurs généralement exclus comprennent les armes controversées (armes à sous-munitions), le tabac, les jeux de hasard, la pornographie et l’énergie nucléaire.

Une autre approche est l’engagement actionnarial. Au lieu d’exclure une société uniquement en raison de son secteur, un investisseur pense que nouer un dialogue avec elle est une façon plus sûre de favoriser le changement.

Nous préconisons pour notre part une approche hybride. Nous évitons les secteurs qui, par leur nature même, présentent des risques exceptionnels ou avantagent certaines parties prenantes au détriment des autres. C’est par exemple le cas du tabac, des jeux de hasard et du charbon thermique. Nous croyons fermement à la nécessité d’entretenir un dialogue avec les sociétés dans lesquelles nous investissons. Ce dialogue ne se limite pas aux questions financières; nos discussions portent souvent sur les facteurs ESG. Grâce à notre engagement, nous avons contribué à instaurer des changements touchant la sécurité des employés, la gouvernance du conseil – en particulier sur le plan de la rémunération des dirigeants – et la présentation d’indicateurs ESG liés notamment aux émissions de carbone.

Évolution des enjeux ESG

Les Principes pour l’investissement responsable (PRI) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) témoignent de la sensibilisation et de l’appui croissants aux enjeux ESG. L’initiative PRI se fonde sur six principes dont le premier est « Nous intégrerons les questions ESG à nos processus décisionnels et d’analyse des investissements. » Depuis son lancement en 2006, plus de 2 500 gestionnaires de placements, propriétaires d’actifs et fournisseurs de services ont signé les PRI. Nous appuyons les objectifs des PRI et en sommes nous-mêmes signataires.

Le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques du Conseil de stabilité financière, dont la mission est axée sur les changements climatiques, a été créé en 2015. Son mandat consistait à élaborer un ensemble d’informations à fournir relativement aux risques financiers associés aux changements climatiques, que les entreprises utiliseront pour renseigner les investisseurs, assureurs, prêteurs et autres parties prenantes.

Enfin, comme nous l’avons indiqué plus haut, le SASB publie des lignes directrices visant la présentation d’informations pertinentes et standardisées sur les questions environnementales et sociales.

Peut-on prospérer de façon responsable?

Les placements ESG gagnent en popularité, car les changements climatiques et les impacts sociaux des activités des entreprises sont au cœur des préoccupations d’un nombre sans cesse croissant de propriétaires et de gestionnaires d’actifs. Le fait que les investisseurs sont convaincus qu’il est possible de prospérer de façon responsable explique la sensibilisation et l’appui croissants aux principes ESG. Les études montrent qu’un portefeuille d’actions ayant des scores ESG élevés surclasse souvent à la fois le marché et un portefeuille d’actions ayant des scores ESG médiocres. Il n’est peut-être pas surprenant que les placements dans des actions ayant des scores ESG élevés soient également moins risqués.

Notre engagement envers l’investissement ESG

Avant de prendre une décision de placement, un investisseur évalue et mesure de nombreux aspects d’une entreprise, dont sa stratégie, ses activités, son secteur, ses clients et ses fournisseurs, en plus d’effectuer une analyse financière. Les facteurs ESG font partie des aspects supplémentaires à évaluer et mesurer.

Nous sommes fermement convaincus des vertus de l’investissement ESG – l’intégration des facteurs ESG à l’analyse financière et aux nombreux autres aspects des affaires qui entrent en ligne de compte dans l’évaluation d’une société. Pour nous, il s’agit d’un engagement de longue date. Nous considérons que l’investissement ESG consiste entre autres à nouer un dialogue continu avec les entreprises au sujet des questions financières et des risques et occasions liés aux enjeux ESG. Lorsque ce dialogue échoue, nous exprimons souvent nos inquiétudes au moyen du vote par procuration.

Bien que l’investissement ESG consiste, par définition, à intégrer les facteurs ESG à l’évaluation des entreprises, les placements dans les entreprises ayant un bon rendement sur le plan des facteurs ESG peuvent avoir des effets positifs à long terme sur l’environnement et la société. Nous sommes ravis que notre stratégie d’investissement ESG, y compris l’engagement actionnarial, puisse contribuer à ces résultats positifs.

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