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Mars 2026
Au cours des derniers mois, nous avons souligné que les valorisations élevées et les prévisions de bénéfices particulièrement optimistes dans certains segments des marchés boursiers représentaient un risque important pour nos perspectives, surtout dans un environnement marqué par une incertitude persistante liée aux tensions géopolitiques et commerciales.
La récente intensification du conflit au Moyen-Orient, à la suite de l’intervention des États‑Unis et d’Israël en Iran à la fin du mois de février, a renforcé cette incertitude. Les marchés financiers ont réagi rapidement : les prix de l’énergie ont augmenté et les actifs tels que les actions et les obligations ont connu une volatilité accrue. Les prix du pétrole ont progressé, le West Texas Intermediate (WTI) dépassant 80 $ US le baril au moment de la rédaction, reflétant la réévaluation par les marchés des risques potentiels pour l’offre ainsi que des répercussions plus larges sur le commerce mondial et le sentiment des investisseurs.
À ce stade, la principale question pour les investisseurs concerne l’ampleur et la durée potentielles des perturbations de l’approvisionnement pétrolier provenant de la région.
Un risque central concerne le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. Environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits raffinés transitent par ce passage, soit près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole dans des conditions normales. Au moment de la rédaction, moins d’un million de barils de pétrole brut par jour transitent par le détroit. L’Arabie saoudite s’emploie à rediriger environ cinq millions de barils par jour vers son port de Yanbu, sur la mer Rouge. Par conséquent, le marché fait actuellement face à un déficit d’environ 14 millions de barils par jour. L’ampleur de l’impact dépendra ultimement de la durée de la perturbation. À ce stade, les indications suggèrent toutefois que les perturbations du trafic des pétroliers demeurent principalement de nature préventive, le maintien de la circulation de l’énergie dans ce corridor étant essentiel au fonctionnement de l’économie mondiale.
De récentes déclarations de l’administration américaine laissent entendre que la campagne militaire pourrait être pourrait être de relativement courte durée, s’étendant potentiellement sur quelques semaines. Si tel était le cas, la probabilité de perturbations prolongées de l’approvisionnement s’en trouverait réduite.
Les effets d’une perturbation temporaire seraient vraisemblablement ressentis plus fortement en Asie, qui reçoit environ 85 % des exportations de pétrole du Moyen-Orient. Les importations en provenance du golfe Persique représentent environ 30 % de la demande pétrolière de la Chine, 34 % de celle de l’Inde et plus de 60 % de celle du Japon. L’Amérique du Nord, à l’inverse, demeure largement autosuffisante en pétrole et en gaz naturel, ce qui atténue sa vulnérabilité à d’éventuels chocs d’approvisionnement.
Plusieurs grandes économies consommatrices de pétrole disposent de niveaux d’inventaires susceptibles de compenser des perturbations temporaires. La Chine et le Japon disposent de réserves équivalant à environ huit mois de leurs importations en provenance du Golfe, tandis que l’Inde, la Corée du Sud et Taïwan maintiennent des réserves couvrant environ deux à trois mois. Par ailleurs, certains pays asiatiques ont déjà commencé à prendre des mesures visant à limiter la demande de pétrole.
Au-delà des développements immédiats, les implications à plus long terme pour les marchés énergétiques mondiaux pourraient également être significatives selon la durée et l’ampleur du conflit. Un conflit prolongé accompagné de perturbations majeures de l’approvisionnement pourrait exercer des pressions à la hausse sur l’inflation tout en freinant la croissance économique, créant un contexte propice à l’émergence de pressions stagflationnistes. À l’inverse, si l’évolution géopolitique permettait éventuellement le retour du pétrole iranien sur les marchés mondiaux sans sanctions, la production pourrait augmenter de manière substantielle au fil du temps, accroissant l’offre mondiale et exerçant potentiellement une pression à la baisse sur les prix du pétrole.
Dans le contexte actuel, les marchés de l’énergie ont été les premiers à réagir, la hausse des prix du pétrole et les préoccupations liées à l’approvisionnement ayant rapidement alimenté un climat d’incertitude qui s’est étendu aux marchés financiers dans leur ensemble. Les variations des prix de l’énergie peuvent influencer les anticipations d’inflation, les perspectives de taux d’intérêt ainsi que le sentiment des investisseurs, ce qui se répercute ensuite sur les marchés des actions et des obligations.
Les marchés boursiers et obligataires ont ainsi connu des périodes de pression à la baisse, les investisseurs réévaluant les implications potentielles pour la croissance mondiale, l’inflation et les conditions économiques. L’ampleur de l’impact sur les marchés financiers et sur l’économie mondiale dépendra ultimement de la gravité et de la durée des perturbations de l’approvisionnement, ainsi que de l’évolution du conflit.
Notre approche d’investissement reste guidée par les principes qui ont orienté notre firme depuis 1988, éprouvés à travers les tensions géopolitiques, les perturbations commerciales et différents cycles de marché. Nous conservons une perspective à long terme, restons attentifs aux valorisations, nous concentrons sur l’analyse fondamentale d’entreprises de qualité et adoptons une approche internationale. Ces principes continuent de guider le positionnement des portefeuilles, nous aidant à naviguer dans l’incertitude à court terme tout en favorisant la création de valeur durable sur le long terme.
Compte tenu des valorisations élevées et de la volatilité accrue, nous avons progressivement augmenté la position de trésorerie dans les portefeuilles de nos clients au cours des derniers mois, certaines positions ayant atteint ou dépassé notre évaluation de la juste valeur. La diversification à travers les secteurs et les régions constitue également un outil de gestion du risque tout en soutenant les rendements à long terme. Combinée à une réserve de trésorerie modérée, cette approche nous permet de réinvestir le capital dans des opportunités attractives dès qu’elles se présentent, conformément à notre discipline et à notre approche fondée sur les fondamentaux.
Bien que les périodes de volatilité puissent sembler déstabilisantes à court terme, l’expérience historique montre que la patience récompense généralement les investisseurs à long terme. Les fluctuations de marché sont perçues comme des occasions d’accroître sélectivement nos positions dans nos entreprises à forte conviction et, lorsque les valorisations le permettent, d’investir dans de nouvelles opportunités qui émergent, plutôt que comme un signal de réaction impulsive. Il ne faut jamais oublier que toute décision de vendre implique inévitablement une décision future d’acheter, et que réussir à exécuter les deux de manière optimale s’avère historiquement difficile. Bien souvent, lorsque l’on se sent prêt à racheter, les cours ont déjà repris, compliquant la prise de décision sur le moment approprié.
Comme pour la plupart des développements géopolitiques, la situation demeure fluide. Nous continuons de suivre les événements de près et réévaluerons nos perspectives au fur et à mesure que de nouvelles informations seront disponibles.
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